Vincent Ganivet ()

Né en 1976
Vit et travaille à l’Ile Saint-Denis, France

Par Matthieu Corradino
Ses œuvres-édifices paraissent jaillir, pour certaines, de l’élan des premiers bâtisseurs : des constructeurs de tours et de ziggurats, de leur propension à se jucher sur leurs bâtiments pour s’élever vers le ciel. Sans doute, s’agit-il d’une aspiration humaine originelle de nature spirituelle, d’une propension à se dématérialiser – à l’image de la clef de voûte, qui, pour permettre aux arcs qui la soutiennent de tenir debout, se décharge sur eux de son poids et s’allège. Pourtant ces savants systèmes, faits d’empilements de parpaings ou de briques, revêtent chez Vincent Ganivet un aspect paradoxal. A la fonctionnalité potentielle de ces arcs, roues ou chenilles s’oppose leur inutilité effective : ces structures qui pourraient abriter des milliers de personnes, peut-être les élever vers Dieu, transporter tant de marchandises, sont inutilisables dans l’état où elles nous sont présentées : simples objets de monstration. Et c’est l’une des raisons pour lesquelles les prouesses techniques de Vincent Ganivet deviennent des œuvres d’art au sens fort du terme : l’art ne se définit-il pas par son inutilité ? La production de la beauté n’est-elle pas une fin-en-soi, une activité non fonctionnelle ?

¬ Biographie pdf+ www.vincentganivet.fr