Steve Veloso (L)

Né en 1979
Vit et travaille à Luxembourg, Luxembourg

« Le travail de Steve Veloso s'axe principalement autour de la sculpture, en questionnant à la fois les esthétiques fonctionnelle et minimale : lors du festival off d'Avignon, il a notamment repris les lignes dessinant un cours de tennis afin d'en proposer une nouvelle lecture plastique et sensorielle. À travers des procédés auto-réflexifs, l'artiste cherche entre autres à sortir le spectateur d'une forme d'atonie visuelle, les invitant à se forger des images mentales fortes.
L'arc-en-ciel appartient à la série Souvenirs de Rio. Sans être la reconstitution d'une vision, ces pièces cherchent à provoquer une sensation proche de celle que l'artiste a pu percevoir. Mais ici, rien de naturel. Ce qui intéresse Steve Veloso est tout autant la séduction de l'image produite par l'œuvre que la déconstruction de la magie opérée. Pour cette pièce, l'arc-en-ciel comme phénomène typique de fascination optique, l'effet lumineux est produit par un projecteur se reflétant sur un simple CD. Si la simplicité de ce qui est proposé peu paraître déconcertante, ce processus de mise à nu nous amène à réfléchir sur le statut de l'objet d'art et sa nature artificielle et participe d'une reconstruction de l'illusion de l'image. »
Marc Bembekoff

« Avec le travail de Steve Veloso, la fascination pour l'arc-en-ciel est présente dans chacun de nous, de par son pouvoir formel, son aspect éphémère et notre inconscient collectif. Steve ne cherche pas à décevoir le spectateur, simplement il ne veut pas donner l'illusion de l'aspect naturel de son arc-en-ciel : il nous confronte à la beauté construite et pauvre du geste, à notre fascination pour ce phénomène »
Céline Poulin

« Dans le travail de Steve Veloso, l'anamnèse est le point de départ de machineries inconstantes dont le but est la représentation d'un souvenir général ou précis. Souvenir de la baie de Rio est une structure de métal et de verre soutenant une machine à fumée qui crachote son brouillard sur une lampe clignotante de couleur bleue. L'effet reproduit renvoie précisément à la brume qui envahit le port de Rio peu avant l'aube et qui masque par intermittence les signaux que le phare adresse aux bateaux. Le mirage fascinant de ce paysage miniature contraste avec le mécanisme poussif qui en est la source et c'est cette même discordance volontaire que l'on retrouve dans la seconde pièce Sans titre (2008) présentée dans l'exposition. Cette fontaine, dont le son circule dans tout l'espace, ne renvoie pas à un souvenir précis de l'artiste. Au contraire, les réglages minutieux effectués à partir de matériaux usuels, retranscrivent très précisément le son d'un ruisseau tel qu'il serait possible de l'entendre en pleine montagne. Ainsi, les yeux fermés, penché sur le seau et la structure de mousse qui reçoit le jet d'eau, l'illusion auditive n'est que plus palpable. »
Aurélien Mole

¬ Biographie pdf+ www.steveveloso.com