Léo Dorfner (F)

Né en 1985
Vit et travaille à Paris, France

«L’œuvre de Leo Dorfner contient l’ardeur, l’insolence, le rythme et la poésie du rock qui à travers les références autobiographiques, les emprunts historiques et actuels, dressent le portrait d’une génération qui oscille entre la recherche de paradis perdus et la fureur de vivre. Elle ouvre une infinité de portes sur un univers quotidien d’où il puise ses références, ses figures, ses mots et ses sons. On y trouve des paquets de Gitanes, des peaux tatouées, du texte, du rock, des femmes ; un microcosme, le sien, qu’il restitue par la photographie, qu’il transpose sur le papier, au pinceau ou au crayon, et qu’il grave sur des objets.

Juxtaposition des sms reçus ou envoyés, citations, slogans, conseils de précaution, insultes et symboles (pintes de bière, tête-de-mort, clés, ampoules, cœurs, avions et pénis constituent un alphabet), les registres s’entremêlent : du sacré au profane, du personnel au collectif, du passé au présent, du trash au maniérisme. Iconoclaste et transgressif, il fait exploser les hiérarchies traditionnelles en instillant des référents issus de son inimité et des subcultures. Ainsi une madone tatouée fume une cigarette, une sainte en sous-vêtements porte une hachette, une Piéta est colonisée de signes et d’aphorismes. Les sources iconographiques sont d’origines multiples puisque l’artiste peut aussi bien peindre le portrait d’un proche, recouvrir une gravure ancienne achetée sur Internet, arracher une page d’un magazine de mode ou encore photographier ce qui l’entoure. Le banal et le grandiose dialoguent ensemble. La représentation de la figure humaine joue un rôle crucial. Les corps, dans leurs réalités, sont restitués avec une attention particulière aux détails. L’environnement et les vêtements sont secondaires, ils posent un contexte, le véritable sujet reste la peau.» Julie Crenn

Courtesy Galerie ALB, Paris

+ www.leodorfner.net/