Sergio Verastegui (PE)

Né en 1981
Vit et travaille à Paris, France

Economie de moyens et de gestes constituent la base de la réflexion de Sergio Verastegui vis-à-vis de la question du rapport au réel. Ses pièces sont à envisager comme des annotations, des formes d’écriture proche du fragment. L’aspect rudimentaire des œuvres de Sergio Verastegui faites de matériaux pauvres, rebus ou éléments de récupération, pourrait permettre un rapprochement avec l’Arte Povera. Cependant, la démarche de l’artiste n’est pas la même, il ne s’agit pas d’une guérilla contre la société de consommation, mais de l’expression d’une « nouvelle pauvreté ». Alliant forte présence matérielle et conceptualisme, les œuvres de Sergio Verastegui apparaissent comme des fragments de réalités extraites d’un monde déchiré.

Prix Jeune Création-Symev 2013

Jeunes Création France
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L’idée de processus est essentiel pour moi.
Fixer des micro-accidents isolés. Des micro-accidents qui dans un premier temps sont indépendants du travail d’atelier: des situations périphériques, non-intentionnelles. Ces accidents proviennent tant de l’intérieur comme de l’extérieur de l’espace de production.

Dans un deuxième temps, il s’agit de créer les conditions pour que de nouveaux accidents se produisent.
Des conditions qui permettront d’engager le spectateur dans cette fragilité, à l’intérieur même du processus de «destruction « ou de déformation de la forme fixe par laquelle l’oeuvre se présente initialement.
Ces paramètres sont pensés pour inclure une participation potentielle toujours latente.

Je veux produire des situations sculpturales dans la prise en charge du contexte et de l’approche à l’oeuvre.

L’intérêt pour moi c’est d’associer des fragments, des restes, les uns avec les autres, de produire un discours à partir de ce vocabulaire posthume. Ceci implique aussi, nécessairement, l’activation d’une reconstruction mentale.

C’est alors un travail de récupération des restes et de construction à partir de la destruction.

Dans ce travail, les oeuvres rentrent elles-mêmes dans ce même processus de mastication ou digestion de la forme. Elles sont détruites et reconstruites dans différents configurations, recyclées afin de produire de nouvelles formes à partir de celles qui sont déjà là.

Le processus devient ainsi continu, élastique, une sorte de «auto-cannibalisme», comme un corps qui se nourrit de lui-même.

Que faire avec les restes?
Cette question abstraite et ouverte, peut être lue comme une position en même temps historique, politique et esthétique. Une manière de se placer ici et maintenant, dans le monde actuel.

S.V.

¬ Biographie pdf+ sergioverastegui.blogspot.fr/