Alix Delmas (F)

Née en 1962
Vit et travaille à Paris, France

Alix Delmas est une artiste polyvalente, voire protéiforme, fondamentalement expérimentale. Les installations, les photographies et vidéos qu'elle échafaude mêlent performance et sculpture, peinture et lumière. Sa vision trouble notre perception commune des lieux intérieurs et des sites extérieurs.

Son travail a été exposé au Centre d'art contemporain intercommunal Ouest Provence 2012, à Espace culturel Louis Vuitton 2011, au Drawing Center NYC 2003, à La Force de l'art Grand Palais 2004, au Frac Auvergne 2007/2008, au Domaine de Chamarande 2008, au Musée d Art Moderne de la ville de Paris 2008, à la Nuit Blanche Paris 2004, LandesMuseum Linz 2003, à la Leube Foundation 2003/2009, à la Galerie Bernard Jordan de 2002 à 2006, à la J.Ladiray Gallery de 2007 à 2011, à Fotohof Salzbourg, 2010, au Musée d'art et archéologie d' Aurillac 2010, au Centre d'art contemporain de Gennevilliers 2003,!à Saison Vidéo 2012, aux Rencontres internationale Paris Berlin Madrid Nouveau Cinéma 2009, 2010.

Des œuvres d’Alix Delmas sont entrées dans les collections publiques du FRAC Auvergne, de l’Artothèque du Limousin, du Landes Museum, Oberösterreich Linz, de Weil, Gotshal and Manges New York, de l’Albertina Vienne, du Fond national d'art contemporain , de la Fondation Leube Salzbourg.

Son travail a été exposé au Centre d'art contemporain intercommunal Ouest Provence, à Espace culturel Louis Vuitton, au Drawing Center NYC, à La Force de l'art Grand Palais, au Frac Auvergne, au Domaine de Chamarande, au Musée d Art Moderne de la ville de Paris, à la Nuit Blanche Paris, au LandesMuseum Linz , à la Leube Foundation Salzbourg, à la Galerie Bernard Jordan de 2002 à 2006, à la J.Ladiray Gallery de 2007 à 2011, à Fotohof Salzbourg, au Musée d'art et archéologie d' Aurillac, au Centre d'art contemporain de Gennevilliers, à Saison Vidéo, aux Rencontres internationale Paris Berlin Madrid Nouveau Cinéma. Des œuvres d’Alix Delmas sont entrées dans les collections publiques du FRAC Auvergne, de l’Artothèque du Limousin, Arthotèque d'Angers, du Landes Museum, Oberösterreich, de Weil, Gotshal and Manges, de l’Albertina, du fond National, de la Fondation Leube.

BIOG
Propos recueillis par Jean-Jacques Larrochelle, octobre 2011

Alix Delmas est née à Bayonne en 1962, mais a vécu à Dakar jusqu’à l’âge de 14 ans. Alors qu'elle n'a que 3 ans, son père contracte la poliomyélite. Il perd l’usage de ses jambes, et ne peut respirer que grâce à une trachéostomie. Cela ne l’empêche pas de continuer à exercer son métier d’assureur et de mener des projets festifs et populaires dans la mégapole sénégalaise. Le voici devenu héros, au côté d’une épouse courage, un tantinet « british » et garçonne, qui se libère momentanément de ses devoirs familiaux en tapant des balles de golf, au loin, sur des parcours désertiques ou de parcourir la brousse dans sa 4L peuplée de gosses : vision surréaliste de parents redessinée par des yeux d’enfant, aux accents presque burlesques.

La famille quitte l'Afrique en 1975 et s'installe au Pays basque. Alix Delmas se vit à la fois française et étrangère, d'ici et d’ailleurs. Elle commence la photographie sans faire de tirage des pellicules qui s'accumulent. Elle se rend souvent au musée Bonnat à Bayonne où elle fréquente le cabinet des dessins.

Son père meurt lorsqu'elle a 17 ans. Elle part étudier la peinture à l'école des Beaux Arts de Paris. Elle y obtient son diplôme avec la mention très bien. Attirée par la représentation de la figure dans des espaces radicaux, elle observe Goya, Ingres, Giotto, Manet, mais aussi Bruce Nauman, Gordon Matta Clark, Eva Hesse, Valie Export. Elle s’intéresse aux motifs de l’art Perse, les primitifs Italien, l’art nègre. A la sortie des Beaux Arts, malgré l'avis contraire de ses proches, elle choisit d'abandonner la peinture.
Elle expérimente alors la cire perdue, la découpe du bois, le calque. Le goût de l'installation commence à nourrir son art.

Alix Delmas est une artiste polyvalente, voire protéiforme, fondamentalement expérimentale: elle a un besoin vital d’expérimenter pour créer. Les mises en scène photographiques et vidéos qu'elle échafaude mêlent performance et sculpture, peinture et lumière. Ces installations troublent notre perception commune des lieux intérieurs et des sites extérieurs.

En 1998, sa pratique de la photographie se transforme. Jusqu'alors témoin documentaire de son monde, la surface sensible se déploie vers d'autres chemins: de nouvelles œuvres voient le jour. Elle regarde par la bouche ouverte; son appareil photographique est tantôt un trou tantôt une expiration. Attirée par des espaces en suspension, elle plonge ses recherches sur et sous les surfaces liquides, solides, minérales, corporelles. La sensation des hors pistes et des territoires-intrus dans son travail - certainement issus de perceptions dans son enfance africaine blanche - lui permet d’aborder dans les arts plastiques les à-parts, les entre-deux, les à-côté, en les prenant à revers, ou à contre sens.

En 2003, Alix Delmas montre ses dessins au Drawing Center à New York dans l’exposition Internal Excess. En Autriche, entre 2001 et 2003, elle obtient une résidence à la fondation Leube. Elle participe à des symposiums et à des workshop à Linz et Salzbourg. Cette période correspond à une phase de découverte, d'exploration du corps sexué (le sien, mais pas seulement) et, parallèlement, entame des recherches sculpturales en béton. Dans ses photographies le corps éprouve ou prouve son existence.
Il s’agit pour elle de métaphore du dé(sur)passement de soi: à la fois psychologique, social et politique. Son propos n’est pour autant pas de reproduire des images politiques ou féministes, mais de trouver une manière symbolique et détournée de parler autrement de cela.

Le résultat le plus remarquable est « Come back tomorow »: installée en pleine forêt, non loin de Berchtesgaden et de la frontière austro-allemande, cette sculpture socle en béton rose fuchsia de 30m2, en porte à faux et sans garde-fou, lévite, comme si de rien n'était, au-dessus de l'humus. A Vienne, elle est fascinée par le détournement d'un des blockhaus de Hitler reconverti en lieu de divertissement, « haus-des-meeres » musée de la mer.

De 1995 à 2010, elle quitte fréquemment Paris pour le Cantal. Elle y fait le vide de la ville et du milieu artistique. Le monde rural l’inspire. Elle y apprend que les paysages des monts et des vallées se sont inversés avec l’arrivée du tracteur. Son travail s’enrichit dans et de cette nature envahissante.

Depuis 2005, en même temps que ses images photographiques s'approprient les processus et les accessoires du cinéma (projecteur, gélatine, travelling), elle filme des expériences artistiques scénarisées: elle parcours de nuit une route, éclairée avec quatre projecteurs de couleur (D106), elle installe méticuleusement des lettres dans un désert (Salsas en las Bardennas réales), elle capte ses filles, bouches et regards naviguant parmi des ailerons de requins (Girlfish), elle questionne, avec un souci pédagogique, les élèves d’un lycée agricole sur les valeurs d’usage du fil barbelé, des rives et de la cloison (Murmurs). Enfin, elle cache des enfants sous une table en feu (Lalala)...

En 2011, le site présente une sélection importante de son travail, de 1994 à aujourd’hui. Au gré de certaines images, il est enrichi des propos de l’artiste qui nous font part de ses influences, de ses expériences et de ses questionnements. Son travail se nourrit d’une pensée multiple. On peut, avec le temps, y reconstituer, a posteriori, des ensembles. La diversité des recherches que mène Alix Delmas ne se résume pas en un temps linéaire, court et séquentiel. Il s'agirait plutôt de zappings discontinus : 10 années peuvent s'être écoulées entre deux images qui, a priori s'ignorent, et pourtant se parlent. Ce site a pour ambition d'offrir la vision d'ensemble d'une démarche singulière menée depuis plus de vingt ans.

¬ Biographie pdf+ www.alixdelmas.com/