Ilana Salama Ortar (IS)


Vit et travaille à Jérusalem, Israël, Berlin, Allemagne et Marseille, France

Traces Urbaines et au delà

"…Ilana Salama Ortar est repartie en effet de ses propres images graphiques en les reproduisant (en diapositive et en négatif noir et blanc) pour accentuer précisément leur valeur d'image et se redonner à elle-même cette image. Le travail de laboratoire, par interventions au tirage, procède de l'addition, de l'accumulation, quand le dessin était d'abord effacement, soustraction, constitution d'un vide. D'où l'effet d'accélération et une nouvelle exubérance imaginaire qui aboutit aux Cosmographies de 1992-1993.
L'usage d'acides, qui introduisent des colorations sépias dans la gamme de gris, a remplacé celui de l'essence de térébentine. Mais les ajouts portent essentiellement sur le matériau figuratif (qui donne à l'ensemble le titre Figures). Jusqu'à l'inclusion de fragments de dessins industriels empruntés à des catalogues de machines-outils, rappelant le fond industrialiste du modernisme des années vingt, ils sont parfaitement conformes aux techniques historiques du photomontage. En intégrant sa propre histoire, sur le mode de la reprise, par reproduction et altération, Ilana Salama Ortar s'est donnée les moyens de reprendre également l'histoire du modernism.
Dans l'oeuvre photographique de Mohly-Nagy notamment, une relation manifeste s'était établie entre les distortions optiques des vues de l'architecture (distortions produites par l'effet des plongées, contre-plongées, obliques ou gros plans de détails) et les constructions géométriques abstraites du photogramme. Ilana Salama Ortar a réinterprété cette convergence, en associant au photomontage moderniste, industrialiste, la violence explosive des accidents provoqués par l'acide, telle qu'on peut trouver aujourd'hui chez Sigmar Polke.

Catalogue Musée d'Israël, Jerusalem, 1994
par Jean Francois Chevrier

¬ Biographie pdf+ www.ilanasalama.com/