François Curlet (F)

Né en 1967
Vit et travaille à à Paris, Bruxelles et Piacé (Sarthe).

François Curlet est un artiste contemporain né en 1967 à Paris.
Il réside alternativement à Paris, Bruxelles et Piacé (Sarthe).

François Curlet vit à Lyon jusqu’à l’âge de 22 ans, période depuis laquelle il ne cesse de circuler en France et à l’étranger, tout en conservant comme point d’ancrage la ville de Bruxelles. Il se considère aujourd’hui comme "Belge de synthèse" dans la lignée d’artistes comme René Magritte ou Marcel Broodthaers, proche de la génération de Michel François et de Wim Delvoye. François Curlet reprend à son compte l’évolution du western classique vers le western spaghetti pour se définir aujourd’hui comme artiste "conceptuel spaghetti".
Détournements burlesques, auto-dérision, jeux de mots visuels, décalages... François Curlet se sert de tous les objets qui l’entourent pour créer avec humour et légèreté un univers ludico-poétique. Un coquillage retranscrit une conversation de Salvador Dali, un poisson rouge derrière ses barreaux est incarcéré dans son bocal, des djellabas sont griffées Adidas, il invente l’œuf de voiture ou détourne un panneau signalétique pour initier un pas de danse, le "moon walk"... Loin des systèmes et des conventions artistiques, François Curlet aborde l’art de manière décomplexée.
François Curlet travaille souvent en tandem, d’abord avec Frank Scurti, puis avec Michel François et Pierre Huygue. En 2003, il demande au bureau de graphistes Donuts de réaliser son catalogue à partir de la charte graphique que l’agence avait créée en 1996 pour les produits de grande consommation Derby. Pour "Crème de singe", conçu pour les nuits blanches 2004 au Printemps, François Curlet et Donuts travaillent cette fois en commun et co-signent l’œuvre. Dans ce nouveau type de tandem destiné à répondre à des commandes, l'intervention est pensée ensemble. Par la suite, l’artiste veille à la cohérence symbolique du projet avec le lieu et avec le champ de l’art tandis que Donuts garantit l’efficacité visuelle de l’intervention. Cette mise en commun des compétences aboutit à un véritable partage du statut d’auteur.

En 2007, l’Institut d’art contemporain présente une importante exposition monographique de François Curlet. Depuis une quinzaine d’années, François Curlet a réalisé de nombreuses expositions en France et à l’étranger, qu’elles soient personnelles (Galerie Micheline Szwajcer, 2004 ; Air de Paris, 2003 ; Centre d’art contemporain de Sète, 2000 ; Le Collège, Frac Champagne-Ardenne, 1997) ou collectives (Palais de Tokyo, Paris, MUDAM, Luxembourg, Grand-Palais, Paris, 2006 ; MuHKA, Anvers, 2005). L’exposition organisée par l’Institut d’art contemporain réunit cinquante-quatre œuvres de 1989 à 2006, permettant d’envisager la démarche de François Curlet dans son ensemble à la manière d’un rébus en trois dimensions. À l’occasion de cette étape importante jalonnant son parcours, et sur l’incitation de l’Institut, François Curlet invite respectivement deux artistes aux démarches radicales, Jens Haaning et Christophe Terlinden, à occuper des espaces différents, prolongeant ainsi dans le lieu de l’exposition son "art du décalage".
Le parcours de cet exilé volontaire illustre sa démarche, aussi bien conceptuelle et analytique, qu’aux lisières de l’exploration du non-sens et de l’inconscient. Héritier à la fois de John Knight et de Jef Geys, François Curlet opère une fusion singulière entre art conceptuel, persistances dadaïstes, imagerie pop et rêverie de type situationniste.
Avec une grande variété d’outils et de matériaux, l’oeuvre de François Curlet puise à la fois dans le réel et dans l’imaginaire et emprunte aux domaines du conte, de la télévision, des échanges économiques, de la communication – mondes médiatiques contemporains dont il concocte de savoureux dérèglements. Ainsi, ces éléments – qu’ils soient objets, signes, messages... – sont soumis à divers déplacements et transformations qui détournent, inversent, ou invalident, même, leurs fonctionnalités. Pour ces glissements, l’artiste ne se prive pas d’user de divers processus qui produisent également des commutations de sens : la discontinuité, l’hypertrophie et la répétition des motifs, la déconstruction du fait visuel, l’effet de présence incongrue, les jeux linguistiques et les dérapages sémantiques. François Curlet travaille à la loupe, comme pour dilater l’ordinaire jusqu’à matérialiser l’improbable.
Maître de la distorsion des codes culturels, François Curlet en extrait le potentiel ludique, poétique et narratif, en répandant son humour caustique sur toutes choses. François Curlet produit des télescopages visuels et culturels entre fictions et réalités, et "remixe" avec fantaisie et rire irrévérencieux les objets et les images, qui constituent alors un véritable monde parallèle, « ovniesque », propre à l’artiste.


Il aime à utiliser le ready-made, en observant son travail, on remarque des objets tous déjà existants. Curlet ne s’attarde que sur la mise en scène, et la mise en place dans son espace de l’objet d’art. Son projet à la maison rouge était d’utiliser un langage : « le club-house », dont le champ lexical a été choisi pour répondre à l’esthétique design, épurée, et élitiste du lieu. François Curlet a choisi d’investir ce lieu de la façon d’un showroom avec sa voiturette de golf posée dans le patio de la maison rouge comme un supplément de balade artistique dans ce lieu déambulatoire qu’est la galerie. Il aime isoler des éléments de langage ou d’objet, (le tee de golf, posé sur un mur), il dévoile ainsi un aspect inaperçu du réel, il nous emmène dans une sorte de rêve, dans lequel on se sent mal, les couleurs flashy se heurtent et se répondent, dans ce remake d’un décor du film Edward aux mains d'argent qui sent le plastique neuf.
Il avait précédemment réalisé un travail qui incluait une conversation de Dali, qui représente toute une époque de gloire de l'intelligencia artistique.

¬ Biographie pdf+ www.curlet.org/