Sergio Valenzuela Escobedo (Cl)

Né en 1983 au Chili
Vit et travaille à Marseille, France

Avec une pratique variée de la photographie, Sergio Valenzuela Escobedo s’empare de fragments, de gestes ou de lieux traversés au cours de voyages ou appartenant à son quotidien afin d’en tirer un élan à la fois poétique et symbolique. À partir de ce qu’il y trouve ou en retient, il cherche à inventer un monde plutôt que de représenter celui qui s’offre immédiatement à lui. Les territoires qu’il réorganise dans son travail sont à la fois géographiques et mentaux, détournements d’expériences vécues et/ou d’expérimentations. Interpellé par des mues de serpent, il recompose avec sa série Idéogrammes sauvages un abécédaire cosmique devenant autant de formes allégoriques, simplement en jetant les peaux sur le papier photographique. S’intéressant aux différents types de vert trouvés dans des paysages parcourus, il amorce une Collection de verts donnant naissance à un papier peint sur lequel, en se juxtaposant, les motifs se contaminent et presque se brouillent. Notable est encore cette série de clichés noir et blanc figurant des rames de pin trouvées dans la forêt, délicatement agencées en des formes qui tout en pouvant paraître complexes constituent de simples tentatives pour recréer des cabanes d’Amazonie (Essais pour construire la plus belle cabane d’Amazonie). Tout en tentant de déjouer certains clichés attachés à la perception de l’Amérique Latine, l’artiste place la plupart de ses images dans un temps volontairement indéfini, comme pour leur conférer une sorte d’autorité naturelle… intemporelle.
Frédéric Bonnet

«Ces œuvres font partie du projet Nitrates d’outre-mer, Cartographie maritime imaginaire (1). L’idée c’est la création d’un livre/carte dépliable, qui réunira l’ensemble de la recherche artistique: photographies, images de références, textes théoriques, citations et bibliographie. Il est une représentation schématique des axes de recherche destiné principalement à trouver l’itinéraire pour identifier et rejoindre les points remarquables à étudier. C’est la première projection physique du projet de thèse. Permettant de localiser plus facilement la problématique, comme les sites des premiers contacts, donner les premières pistes pour les photographies, les interventions dans le paysage, découvrir des ouvrages, des photographies, des cartes et des idées produites par des générations d’artistes et d’intellectuels, écrivains ou chercheurs. Ce travail est préparatoire en vue de la deuxième étape: Les Voyages. Ces derniers auront pour objectif de transformer la réappropriation historique en création plastique et poétique. J’envisage d’effectuer plusieurs voyages dont une traversée en bateau jusqu’au Chili, en 2018.»

(1) Titre de la conférence de Gabriela Trujillo sur l’œuvre de Raul Ruiz. Cinémathèque Française, Jeudi 31 mars, Paris, France, 2016.

+ www.valenzuelaescobedo.com